Pierre-feuille-ciseaux : les règles, les variantes et l’histoire

Règles · · 4 min de lecture

Pierre-feuille-ciseaux : les règles, les variantes et l’histoire

Presque tout le monde apprend pierre-feuille-ciseaux enfant, en général sans que personne n’en écrive jamais les règles. Elles sont courtes, mais il y a plus que trois signes de la main : comment on lance le compte, ce qui se passe en cas d’égalité, combien de manches font une partie, et quelques variantes qui changent les calculs.

Voici le jeu complet, réuni en un seul endroit, avec ses origines et deux ou trois fois où il a servi à trancher quelque chose d’important.

Les règles de base

Deux joueurs se font face et comptent ensemble — en France, en général « chi-fou-mi ». Au dernier mot, chacun montre l’un des trois signes de la main, tous les deux au même moment :

  • La pierre, le poing fermé. Elle bat les ciseaux, parce qu’elle les émousse.
  • La feuille, la main ouverte et à plat. Elle bat la pierre, parce qu’elle l’enveloppe.
  • Les ciseaux, l’index et le majeur tendus en V. Ils battent la feuille, parce qu’ils la coupent.

Les égalités, et pourquoi aucun signe n’est le meilleur

Si les deux joueurs montrent le même signe, la manche est nulle et on la rejoue, tout simplement.

Chaque signe en bat exactement un autre et perd contre exactement un autre : les trois tournent en rond. Aucun n’est plus fort que les autres, c’est ce qui rend le jeu équitable — et c’est pour ça que le seul vrai avantage vient de la lecture de l’adversaire. Notre article sur comment gagner à pierre-feuille-ciseaux fait le point sur ce qu’en dit la recherche.

Les signes doivent sortir en même temps. Montrer sa main en retard, ou la changer après avoir vu celle de l’autre, c’est la seule vraie façon de tricher — et c’est à ça que sert le compte.

Combien de manches pour une partie

Un seul coup suffit pour décider qui commence. Pour le reste, on se met en général d’accord sur une partie, et les égalités n’y comptent jamais :

  • Au meilleur des trois : le premier à gagner deux manches l’emporte.
  • Au meilleur des cinq, ou premier à trois, pour un peu plus de certitude.
  • Premier à cinq, c’est ainsi que se jouent les parties en ligne de Classic RPS — assez long pour que les habitudes apparaissent et que le talent compte.

Comment on l’appelle dans le monde

On y joue presque partout, sous bien des noms et avec bien des façons de compter. En voici quelques-uns :

  • Japon : janken, avec le compte « jan, ken, pon ».
  • Corée : gawi bawi bo — ciseaux, pierre, tissu.
  • Chez nous, en France : pierre-feuille-ciseaux, ou chifoumi.
  • Allemagne : Schere, Stein, Papier — les ciseaux d’abord.
  • Certaines régions des États-Unis : roshambo.

D’où il vient

Les jeux de mains décidés par un cercle de signes sont anciens. Vers 1600, l’écrivain chinois Xie Zhaozhi en décrivait un et le faisait remonter à la dynastie Han, quelque deux mille ans plus tôt. Ces premiers jeux n’utilisaient pas forcément une pierre, une feuille de papier et une paire de ciseaux.

Le Japon connaissait plusieurs jeux de ce genre — l’un d’eux, le mushi-ken, opposait une grenouille, une limace et un serpent — et c’est là que la version avec la pierre, la feuille et les ciseaux, le janken, a pris forme au XIXe siècle. Du Japon, elle s’est répandue en Europe et en Amérique au cours du XXe siècle.

Quand il a tranché pour de vrai

En 2005, une entreprise d’électronique japonaise, Maspro Denkoh, n’arrivait pas à choisir entre Christie’s et Sotheby’s pour vendre sa collection de tableaux impressionnistes, et a demandé aux deux maisons de ventes de se la disputer à pierre-feuille-ciseaux. Christie’s a choisi ciseaux, sur le conseil, dit-on, des filles de onze ans d’un de ses dirigeants, pour qui tout le monde s’attend à la pierre. Sotheby’s a choisi feuille. Christie’s a obtenu la vente.

Un an plus tard, en Floride, un juge fédéral, lassé de voir deux cabinets d’avocats se disputer le lieu d’une déposition, a ordonné à leurs avocats de régler la question par une partie de pierre-feuille-ciseaux.

Des variantes avec plus de signes

La variante la plus connue ajoute deux signes : pierre-feuille-ciseaux-lézard-Spock, créée par Sam Kass et Karen Bryla et rendue célèbre par la série The Big Bang Theory. Le lézard, c’est une main en forme de bouche ; Spock, c’est le salut vulcain de Star Trek.

Avec cinq signes, chacun en bat deux et perd contre deux : le jeu reste équilibré, mais les égalités se font plus rares — deux joueurs montrent le même signe une fois sur cinq au lieu d’une fois sur trois. L’astuce marche avec n’importe quel nombre impair de signes : dispose-les en cercle et fais en sorte que chacun batte la moitié qui le suit.

  • La pierre écrase les ciseaux et écrase le lézard.
  • La feuille recouvre la pierre et réfute Spock.
  • Les ciseaux coupent la feuille et décapitent le lézard.
  • Le lézard empoisonne Spock et mange la feuille.
  • Spock casse les ciseaux et vaporise la pierre.

Pierre-feuille-ciseaux sur un plateau

RPS Board sort les trois signes de ta main pour les mettre sur des pièces : quatorze par camp, cachées à ton adversaire, qui se frayent un chemin sur un plateau de sept sur six. Chaque capture est décidée par le même cercle — et quand deux pièces identiques se rencontrent, les deux joueurs choisissent un signe en secret pour les départager.

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